Mare mésange viscère

Publié le par erable-papyrus-fougere

Shimon l'avait pourtant enterrée cette truelle. Il savait que tout concordait, aussi bien en théorie qu'en pratique ça fonctionnait, ça fonctionnait, ça fonctionnait aussi bien en théorie mais en pratique ça n'avait pas fonctionné. Il avait tout mesuré puis tout calculé pour que rien ne vienne interfèrer dans son projet. Il était en droit de se demander ce qui n'allait pas. Tout devait aller de soi, alors si ça n'avait pas fonctionné c'est que l'un des éléments avait fait défaut. Il fallait qu'il sache lequel. Tout était fini, hélas, rien ni personne n'était plus en mesure de le sauver. Il n'allait pas mourir c'est trop peu pour un nain. Mais il savait pertinement que rien n'irait plus, la chaîne événementielle venait de se rompre, laissant le hasard quelle tenait enserré libre de ruiner à jamais ce qu'il planifiait depuis toujours.

Shimon changea de bottes et la narration reprit son court.

Cela faisait 6 mois qu'il préparait et organisait les 18 éléments composant cette petite minute. Aucun objet n'était négligé dans sa machination, aucun phénomène anormal ne devait se manifester, rien d'imprévu n'était à prévoir en somme. Seulement l'échec était là, cuisant, friturant et triturant. Le soleil noir du désespoir coulait ses sombres rayons le long de son échine grise souillée par sa sueur à l'odeur d'agonie du Machiavel floué. Gnnnneummmgn ? Connard. 

Suffit. Il se reposa l'ultime question. Pourquoi la truelle était elle dans la main du gendarme politique du quartier ? Eui qui ne devait que lui présenter ses condoléances. Condoléances aussi sincères qu'égoïstes. Pourquoi la truelle n'était pas enterrée là ou Tcharlie l'avait enterrée ? Ça n'était pas logique tout simplement. Le gendarme entré par la porte d'entrée ne pouvait pas tenir la truelle dans sa main alors qu'elle était dans la jardinière située à la fenêtre de L'AUTRE côté de l'appartement, appartement lui même se trouvant au premier étage de l'immeuble. Le gendarme n'aurait pu escalader le mur pour prendre la truelle, quand bien même aurait il sut qu'un pareil objet si trouvasse.

Shimon pensait à tout cela dans le fourgon politique qui l'amenait au parc du parti. Parc où il savait qu'on allait le condamner, après examen impartial du chef d'accusation rédigé par le gendarme illogique, pour avoir aidé sa femme à avorter. Il savait que sa peine allait être choisie parmis les plus lourde. Elle serait de l'ordre de celles appliquées en cas de crime contre les chats si son avocat arrivait à maquiller suffisament la scène. Si cet énergumène n'y parvenait pas, il lui serait imposé de porter une pierre au sommet d'une falaise puis de se faire manger le foie par un aigle tandis que la pierre reroulerait au bas de la pente. Et il se devrait de recommencer encore et encore et après et avant les pauses pipi.

Quant à Tcharlie, sa fille nouvelle née, il ne lui serait permis de revoir son père que le jour ou atteignant sa majorité elle se verrait accorder le droit de cuissage filiale. Et encore ne verrait elle que son sexe sirupeux après tant de foies mangés.

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